Retrouvez ici des petits articles destinés à tous ceux qui s’interrogent sur la mixité, la diversité, le sexisme… l’état des lieux et les pistes d’amélioration (partie Ressources pour plus de mixité) ainsi que des informations sur le secteur du jeu vidéo (partie Le secteur du jeu vidéo,et les réponses aux questions les plus courantes concernant Women In Game France et ses activités (partie A propos de Women in Games). Un sujet manque ? Suggérez-nous le à contact@wigfr.org.

Ressources pour plus de mixité

Comment créer du contenu plus inclusif dans le jeu vidéo ?

Comme dans toute œuvre de fiction, la question de la diversité se pose dans l’univers d’un jeu vidéo. Comment favoriser davantage d’inclusion dans une œuvre vidéoludique ? La diversité concerne aussi bien le genre que l’ethnie, l’orientation sexuelle, l’âge ou la morphologie des personnages. Ce sont ces outils de création de personnages, d’univers et les scénarios qui leur sont liés, et qui peuvent varier à l’infini, qui nous servent à apporter une plus grande diversité aux contenus des jeux vidéos.

Avec des profils de créateurs.trices de jeux vidéo de plus en plus variés, et une plus grande sensibilité à la diversité, nous voyons apparaître des héros et héroïnes qui apportent des variations sur le stéréotype du héros mâle blanc, jeune et héterosexuel. Il ne s’agit plus seulement de personnages secondaires, ou faire-valoir, même les héros changent !

La meilleure arme de tout.e créateur.rice pour lutter contre les stéréotypes, c’est d’en prendre conscience. Identifier les schémas hérités de notre culture, ou nos biais inconscients, pour avoir la liberté de s’en détacher, est un premier pas vers la création d’un contenu varié et inclusif.

Certains de ces articles et vidéos apportent des pistes pour aller plus loin :

Le secteur du jeu vidéo

La représentation des femmes dans les jeux vidéo

Beaucoup de progrès ont été réalisés au niveau de la représentation des femmes depuis quelques années et nous commençons à nous éloigner de la représentation systématiquement hypersexualisée et parfois dégradante des femmes. Là où l’on ne pouvait par exemple nommer que Lara Croft il y a encore 10 ans, de nombreuses héroïnes féminines ont commencé à émerger ces dernières années et on note aussi que de plus en plus de jeux proposent d’incarner indifféremment un homme ou une femme. C’est le signe d’une prise de conscience des développeurs et éditeurs.

Pour permettre à cette tendance de se confirmer, nous pensons qu’il faut que l’industrie continuer à changer de l’intérieur : plus y aura de femmes à participer au développement des jeux vidéo, plus les choses évolueront dans le bon sens en matière de représentation des femmes dans les jeux.

Il faut aussi continuer à lutter contre les stéréotypes de genre qui s’installent dès le plus jeune âge et qui ne font que se renforcer avec les années. C’est l’un des rôles de l’association Women in Games.

Quelle est la part d'étudiantes parmi les élèves des écoles de jeu vidéo ?

La proportion de femmes en école de jeu vidéo est assez variable en fonction des cursus et des écoles, mais elle dépasse rarement 25% des effectifs, et est beaucoup plus faible sur certains métiers, notamment en programmation.

Le jeu vidéo est issu d’une double culture, à la fois artistique et “technologique”. Deux domaines dans lesquels les femmes ne sont pas suffisamment présentes. La création est encore largement dominée par les hommes : la mode, la littérature, le cinéma, même la BD qui est pourtant issue d’une contre-culture relativement jeune. Concernant l’aspect technologique, les choses ont au final assez peu évolué au cours des 20 dernières années en termes d’orientation post-bac et les jeunes femmes, pourtant aussi brillantes dans les matières scientifiques que les garçons, continuent de se détourner des carrières technologiques. C’est donc un vrai problème puisque dans un secteur jeune et très porteur comme le numérique, les femmes restent sous-représentées (27% des effectifs).

Cette faible representation s’explique par l’établissement des stéréotypes de genre qui s’effectuent dès le plus jeune âge ne font que se renforcer avec les années. L’un des rôles de l’association est d’aider à lutter contre cela. Nous constatons également un manque d’information sur les métiers de l’industrie ainsi que les formations liées. Nous avons compris la nécessité de s’adresser aux jeunes filles et à leurs parents pour les informer et leur rappeler que notre industrie est très dynamique en France comme à l’international, avec de vraies opportunités de carrière et des salaires compétitifs. Nous vous invitons à consulter notre page Métiers pour plus d’informations.

Nous aimerions rappeler, que passer par une école de jeu vidéo n’est pas un passage obligé pour travailler dans cette industrie. On y retrouve des personnes avec des formations très variées, et c’est aussi ce qui fait la richesse de notre secteur. Nous encourageons toutes les femmes à intégrer le secteur du jeu vidéo, que ce soit par le biais d’une école spécialisée ou d’autres formations.

 

Quels sont les freins à l'entrée des femmes dans ce secteur ?

Parmi les éléments qui reviennent fréquemment, on peut citer :

  • la méconnaissance des métiers du jeu vidéo
  • le désengagement des jeunes filles vers des carrières à connotation technologique
  • le manque d’information sur les métiers et formations possible au sein de l’industrie
  • l’image masculine qui est attachée au secteur

Mais il existe aussi un frein générationnel. La prochaine génération de femmes qui entrera dans la vie professionnelle, véritable génération de joueuses, va peut-être s’orienter de manière plus naturelle et massive vers notre secteur. Ce sont des points que nous tentons d’adresser avec les actions de Women in Games.

Dans l’industrie, il est souvent question de créateurs phares. Qu’en est-il des créatrices ?

Certes, les femmes sont aujourd’hui sous représentées côté développement, avec moins de 15% de femmes dans les effectifs, et encore moins à des postes comme le design ou la programmation. Mais il y a déjà aujourd’hui en France des femmes qui participent à la création des jeux vidéo à des postes clefs, par exemple Sandra Duval (Arkane), Gabrielle Shrager (Ubisoft), Céline Tellier (Wild Sheep) ou encore Corinne Billon (Amplitude) et beaucoup d’autres. Elles ne sont pas toujours médiatisées, et nous avons aussi créé cette association pour encourager toutes les femmes de l’industrie à prendre la parole plus souvent pour changer l’image du secteur et inspirer de jeunes femmes à leur tour. Et il y aura un jour une superstar parmi elles, c’est une question de temps.

A propos de Women in Games

Comment vous est venue l'idée de créer cette association ?

“Julie Chalmette et moi avons assisté ensemble fin 2016 à une cérémonie de remise de prix pour le jeu vidéo en France. Après avoir constaté qu’il y avait bien peu de femmes sur scène ou dans le public, nous faisions le constat que l’industrie française manquait de femmes, particulièrement du côté développement, et que celles qui en faisait partie n’étaient pas visibles.

Nous avons échangé sur nos parcours personnels, sur les questionnements qui ont pu les jalonner ou encore les freins que nous avons rencontrés, parfois liés au fait d’être une femme dans cette industrie. Julie Chalmette venait juste de se poser ce type de questions notamment par rapport à sa présidence du SELL. De mon coté je revenais d’un tour du monde pour la promotion de mon dernier jeu, et j’avais pu profiter de l’appui d’associations comme Pixelles au Canada ou de l’initiative Women in Gaming de Microsoft. Cela nous a conduit à nous interroger sur l’absence d’initiative comme Women in Games en France.

Julie et moi nous avons commencé dans le jeu vidéo ensemble il y a 20 ans. Nous aurions aimé pouvoir nous dire que le sexisme était un problème déjà derrière nous, et qu’il n’était plus la peine de se mobiliser pour le traiter. Malheureusement nous avons rencontré trop de jeunes femmes qui nous ont confirmé que non les choses n’avaient pas autant progressé que ça ces 20 dernières années. La décroissance du nombre de femmes dans les carrières scientifiques et des métiers de demain nous a aussi paru un point alarmant.

Nous avons décidé de nous mobiliser et de créer une association pour promouvoir ces beaux métiers du jeu vidéo auprès des jeunes femmes. Et l’enthousiasme rencontré à chaque fois que le sujet était évoqué nous a permis de confirmer qu’une initiative comme celle-ci était largement attendue dans notre secteur en France.”

Audrey Leprince – présidente Women in Games France

Quels moyens mettez-vous en place pour oeuvrer à plus de mixité ?

Women in Games agit à travers 4 axes principaux :

  1. rendre les femmes de l’industrie plus visibles et mieux représentées,
  2. informer sur les métiers du jeu vidéo et contribuer au recrutement de jeunes femmes dans le secteur,
  3. sensibiliser les acteurs de l’industrie à l’intérêt de la mixité
  4. apporter notre soutien aux femmes déjà actives dans le milieu via notamment le networking

Nous avons déjà mis en place plusieurs actions qui servent ces objectifs. Vous pouvez trouver nos derniers actions sur notre page Actualités et notre programme complet ici.

Lune de nos initiatives phares a consisté à rassembler au sein d’une “liste d’intervenantes” les femmes de l’industrie prêtes à partager leur expertise à l’occasion de conférences, tables rondes, interviews, ou dans les écoles de jeu vidéo. Nous faisons connaitre cette ressource aux organisateurs de salons, conférences, jury et autres événements ainsi qu’aux médias afin de donner plus de visibilité aux femmes de l’industrie. Cette liste se compte aujourd’hui de plus de 70 expertes et nous a permis de répondre à plus de 30 événements depuis 6 mois. Nous poursuivons nos efforts avec un programme de formation à la prise de parole en public de 40 nouvelles intervenantes sur l’année 2018 à travers toute la France et la création de contenus dédiés aux femmes du jeu vidéo, comme par exemple l’émission “Drôles de Dames” avec Carole Quintaine.

Cette vidéo résume nos actions :

Women in Games France

Association de loi 1901 pour la promotion de la mixité dans l'industrie du jeu vidéo français. Association W343021533.

 

Women in Games France (WIG FR) © 2017