Organisée par l’Académie des Arts et Techniques du Jeu Vidéo et le SNJV depuis 2020, la cérémonie des Pégases est un événement annuel qui récompense les créations et les personnalités du jeu vidéo français.
L’édition 2026, qui s’est tenue le 5 mars dernier à Paris, a notamment sacré le succès international Clair Obscur : Expédition 33, mais a aussi célébré des jeux engagés comme Wednesdays sur les violences sexuelles et l’inceste, ou encore Les Murmures du soleil sur l’accessibilité aux jeux vidéos pour les déficients visuels.
Mais malgré ces belles réussites, cette année montre malheureusement une baisse dans la part des femmes présentes sur scène, tant des remettantes que des lauréates.
La part des remettantes à nouveau en recul
Après une année record en 2023 avec 59% de femmes remettantes, cette part n’a cessé de décliner depuis et descend cette année à 20%. Ce chiffre ne comprend pas les interprètes pour la langue des signes française qui étaient toutes des femmes, ni la maîtresse de cérémonie Salomé Lagresle qui occupe ce rôle depuis la création des Pégases.
Peu de femmes lauréates, et surtout toujours peu de temps de parole
Après une augmentation l’an dernier avec 29% de femmes montées sur scène avec leurs équipes récompensées, leur présence chute cette année aussi. Cette déjà faible représentation est encore assombrie par le maigre temps de parole : une seule lauréate a pris la parole. Ce dernier chiffre est malheureusement révélateur d’un manque de femmes aux postes à responsabilités dans les équipes, les lauréat·e·s prenant la parole étant généralement les réalisateurs·trice·s et leads de l’équipe.
L’espoir en demi-teinte d’une nouvelle génération plus paritaire
L’an dernier, les jeux Caravan SandWitch (meilleur premier jeu et meilleur jeu indépendant) et Myrmidon (prix du jeu étudiant) avaient permis de mettre en avant des équipes plus mixtes et donnaient l’espoir d’une nouvelle génération plus inclusive. Malheureusement, ces cas de figure ne se sont pas retrouvés dans les équipes récompensées cette année. Statistiquement, ce sont des trios montés sur scène qui sont les plus « paritaires », avec une femme et deux hommes. Dès que les lauréat·e·s sont plus nombreux à monter sur scène (plus de 10 personnes), les femmes sont plutôt présentes (généralement entre 20 et 30%) mais ne dépassent jamais le tiers du groupe. Le prix du meilleur jeu étudiant fait figure de mauvais élève : une seule femme sur les 17 membres de l’équipe présents. Malheureux hasard, mais ce constat montre que les actions pour des futures générations de professionnel·le·s plus mixtes doivent être présentes dès la formation.
De l’importance d’actions pour plus de femmes et de personnes marginalisées dans le secteur
La cérémonie des Pégases n’est finalement que le reflet du manque de diversité dans le milieu du jeu vidéo en général. La part des femmes présentes sur scène ce soir-là correspond plus ou moins à celles qui travaillent dans ce domaine. Mais cela ne doit pas être une excuse pour ne pas représenter plus de femmes, au contraire.
Cette année, Women In Games France a été mise à l’honneur lors de la remise du prix étudiant par Anna Bressan, référente événementiel de notre association.
Cette dernière a en effet pu profiter de cette belle occasion pour annoncer le dernier projet de Women In Games France, Hall of Femmes, qui met en lumière des personnalités féminines du jeu vidéo : des fondatrices de studios, mais aussi des joueuses professionnelles, des créatrices de contenu, etc.
Si vous avez d’autres idées pour promouvoir l’accessibilité et représentation de genre marginalisé dans le milieu, venez nous en faire part sur le Discord !